L’IHU Strasbourg au MICCAI : faire le lien entre la recherche, la technologie et la pratique clinique

L’IHU Strasbourg au MICCAI : faire le lien entre la recherche, la technologie et la pratique clinique

Du 27 septembre au 1er octobre 2026, Strasbourg a accueilli MICCAI, la Conférence internationale sur le traitement de l’image médicale et les interventions assistées par ordinateur, réunissant la communauté internationale experte dans ces domaines.

MICCAI est l’une des conférences scientifiques internationales les plus prestigieuses et les plus sélectives du domaine. Elle rassemble des scientifiques, des cliniciens et des acteurs de l’industrie à la pointe de l’informatique de l’image médicale, de l’intelligence artificielle et des interventions assistées par ordinateur. La conférence et ses nombreux événements satellites constituent un forum unique pour présenter et discuter des dernières avancées scientifiques, favoriser les collaborations et explorer leur application dans la pratique clinique.

CLINICCAI : rapprocher les cliniciens de la communauté MICCAI

L’IHU Strasbourg s’est particulièrement réjoui du succès de la 6e édition de CLINICCAI, une journée clinique lancée par l’institut en 2021 afin de renforcer la participation des cliniciens au sein de la communauté MICCAI.

CLINICCAI offre un espace dédié aux échanges entre cliniciens, informaticiens et ingénieurs, en mettant l’accent sur la transposition clinique des technologies issues de la communauté MICCAI. Cette mission reflète parfaitement l’ambition de l’IHU Strasbourg : faire le lien entre l’innovation technologique et l’expertise clinique pour accélérer le développement de solutions qui, à terme, bénéficieront directement aux patients.

Deux événements satellites organisés par l’équipe IHU–ICube CAMMA

L’équipe de recherche conjointe CAMMA (IHU Strasbourg – ICube), dirigée par le Pr Nicolas Padoy, a également contribué activement au programme scientifique à travers deux événements satellites couronnés de succès.

  • Le MultiSAT Challenge a rassemblé la communauté autour d’une évaluation comparative des avancées en matière de reconnaissance des actions chirurgicales. Il a fourni un cadre commun et un ensemble de données multicentriques sur le pontage gastrique pour évaluer et comparer de nouvelles approches d’IA.
  • Le Workshop SafeSurg, premier atelier spécifiquement dédié à l’IA au service de la sécurité chirurgicale, a réuni des cliniciens, des chercheurs et des ingénieurs. Ils ont échangé sur la manière dont l’intelligence artificielle peut contribuer à la qualité et à la sécurité des interventions, depuis le développement des modèles jusqu’au déploiement clinique. Le programme scientifique combinait des exposés oraux, des présentations courtes et des posters abordant des thèmes tels que les applications critiques pour la sécurité, l’évaluation de la qualité chirurgicale, la robustesse et la généralisation, ainsi que l’interaction humain-IA.

L’atelier s’est ouvert sur une présentation de Pietro Mascagni (IHU Strasbourg / Scialytics) consacrée à l’utilisation de l’IA pour évaluer la qualité chirurgicale, depuis l’analyse de la Critical View of Safety en cholécystectomie laparoscopique jusqu’aux interventions plus complexes.

Deux conférences invitées ont complété les présentations scientifiques :

  • Le Pr Alberto Arezzo, de l’Université de Turin et président élu de l’European Association for Endoscopic Surgery (EAES), a présenté “AI-driven error detection in surgery: a clinical perspective”, mettant en avant les exigences cliniques et les défis à relever pour passer de la collecte de données au déploiement de l’IA.
  • Le Pr Nassir Navab, titulaire de la chaire de procédures médicales assistées par ordinateur et de réalité augmentée à l’Université technique de Munich (TUM), a présenté l’exposé “Building holistic and trustworthy AI systems for the OR”, abordant le développement de systèmes d’IA fiables destinés au bloc opératoire.

Le programme s’est achevé par une table ronde passionnante sur le thème “What it takes to bring AI closer to safer surgeries?”, réunissant les intervenants suivants : le Pr Nicolas Padoy, le Pr Namkee Oh, le Pr Nassir Navab, la Pr Sophia Bano et le Dr Adam Schmidt (représentant Intuitive). Ces échanges ont favorisé le dialogue entre les communautés cliniques et techniques autour d’une question centrale : comment concevoir, évaluer et déployer des systèmes d’IA afin d’améliorer véritablement la sécurité chirurgicale ?

Nous tenons à remercier tout particulièrement ITI HealthTech et NVIDIA pour avoir soutenu la remise des prix lors de ces événements et valorisé les contributions exceptionnelles de la communauté.

Nous tenons également à remercier tout particulièrement ITI HealthTech et NVIDIA pour avoir parrainé les prix décernés lors de ces événements et pour avoir soutenu la mise en avant des contributions exceptionnelles de la communauté.

Rencontrer la communauté MICCAI à l’IHU Strasbourg

L’organisation de MICCAI à Strasbourg a été l’occasion d’échanger avec des confrères du monde entier. Avant, pendant et après le congrès, l’IHU Strasbourg a accueilli de nombreux visiteurs venus découvrir ses installations, ses activités de recherche et son écosystème d’innovation, ainsi que pour discuter de futures collaborations scientifiques et cliniques.

Cette semaine a également été le fruit d’un effort collectif. De nombreux étudiants de l’équipe CAMMA se sont portés volontaires pour apporter leur aide à l’organisation de la conférence et de ses événements satellites. Nous les remercions chaleureusement pour leur enthousiasme et leur engagement, qui ont permis de faire de cette semaine un véritable succès.

 

L’IHU Strasbourg a été ravi de participer à MICCAI 2026 et de contribuer à cette grande semaine d’échanges scientifiques, de collaboration et d’innovation à Strasbourg.

L’IHU Strasbourg intègre le Pôle Universitaire d’Innovation Alsace (PUIA) en tant que membre fondateur

L’IHU Strasbourg intègre le Pôle Universitaire d’Innovation Alsace (PUIA) en tant que membre fondateur

L’IHU Strasbourg franchit une nouvelle étape majeure dans sa stratégie d’innovation en intégrant officiellement le Pôle Universitaire d’Innovation Alsace (PUIA) en tant que membre fondateur.

PUIA, une reconnaissance nationale

Validée cet été, cette intégration fait suite à l’excellente évaluation des actions du PUIA. Soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR), Bpifrance et le plan France 2030, le pôle a pleinement démontré l’efficacité de son modèle. Les experts nationaux ont particulièrement salué sa capacité à fédérer les acteurs du territoire alsacien.

Un partenariat naturel

Rejoindre ce réseau d’excellence s’inscrit dans la continuité des missions de l’IHU Strasbourg : transformer rapidement les découvertes scientifiques en solutions concrètes pour les patients. En partageant son expertise au sein du PUIA, l’institut facilitera chaque étape de l’innovation, de l’émergence d’une idée jusqu’au transfert de technologies et à la valorisation de la propriété intellectuelle.

Un impact direct pour notre écosystème

Cette collaboration étroite avec les acteurs académiques et les entreprises locales vise des objectifs ambitieux. Sur le terrain, cette dynamique collective se traduira par quatre actions prioritaires :

  • Augmenter le nombre de contrats de recherche collaboratifs avec les entreprises.
  • Enregistrer de nouvelles déclarations d’invention.
  • Multiplier les contrats d’exploitation d’actifs immatériels.
  • Encourager la création de start-ups (spin-off) issues de la recherche publique.

En unissant ses forces à celles du PUIA, l’IHU Strasbourg consolide sa position de moteur européen de l’innovation en santé, au bénéfice direct de la recherche, de l’industrie et des patients.

Université de Strasbourg

Découvrir le Pôle Universitaire d’Innovation Alsace (PUIA) : https://www.unistra.fr/fr/entites/service/pole-universitaire-dinnovation-alsace

En savoir plus sur le plan France 2030 : https://www.economie.gouv.fr/actualites/france-2030-un-plan-dinvestissement-pour-la-france

Pour suivre toutes nos actualités et nos projets d’innovation, rejoignez l’IHU Strasbourg sur LinkedIn.

L’expertise BPL de l’IHU Strasbourg au profit de l’Évaluation préclinique des dispositifs médicaux

L’expertise BPL de l’IHU Strasbourg au profit de l’Évaluation préclinique des dispositifs médicaux

Entre la phase d’ingénierie et l’arrivée au lit du patient s’étend une étape déterminante : la validation de la sécurité et de l’efficacité du dispositif médical. Pour franchir ce cap réglementaire exigeant sans ralentir le calendrier de développement, l’IHU Strasbourg met à disposition des innovateurs son expertise et une plateforme d’expérimentation préclinique unique en Europe pour la chirurgie et la médecine interventionnelle.

Un protocole d’essai gradué, des modèles virtuels aux conditions réelles de bloc opératoire

L’institut propose un accompagnement sur l’ensemble du cycle d’évaluation non clinique. Les technologies y sont éprouvées dès les phases précoces de conception grâce à des modèles de simulation avancés, fantômes anatomiques, modèles ex-vivo, tissus synthétiques et biologiques. Cette approche itérative permet d’ajuster l’ergonomie des instruments, de fiabiliser les gestes chirurgicaux et de tester l’intégration des systèmes d’imagerie bien avant les étapes réglementaires formelles.

Pour les phases de validation avancée in vivo, l’IHU dispose d’une infrastructure sans équivalent : cinq blocs opératoires expérimentaux configurés en réplique exacte des salles cliniques de l’institut. Dotée de scanner et d’IRM interventionnels, d’un arceau radiologique robotisé, la plateforme réunit au quotidien une équipe multidisciplinaire associant chirurgiens, vétérinaire, ingénieurs et spécialistes des facteurs humains. Ce travail conjoint garantit des essais menés dans des conditions strictement identiques à la pratique chirurgicale humaine.

Chirurgiens, ingénieurs et techniciens lors d'un essai préclinique sur la plateforme de l'IHU Strasbourg.

Le label BPL : un passeport pour les marchés européens et américains

Dans un environnement normatif renforcé par le règlement européen MDR, la robustesse des données précliniques conditionne directement l’accès au marché. L’IHU Strasbourg a été le premier centre de recherche français certifié conforme aux Bonnes pratiques de laboratoire (BPL) pour l’évaluation non clinique des dispositifs médicaux, une reconnaissance renouvelée en 2023 et 2025.

Cette conformité confère aux études une validité juridique internationale : les rapports produits s’intègrent directement dans les dossiers de marquage CE ainsi que dans les soumissions réglementaires auprès de la FDA américaine, qui a déjà audité et validé plusieurs protocoles menés à Strasbourg.

Avec plus de 160 études industrielles menées à ce jour, la plateforme préclinique agit comme un véritable tiers de confiance pour les start-ups et industriels internationaux de la MedTech, transformant les prototypes de laboratoire en solutions prêtes pour le bloc opératoire.

Pour aller plus loin :

Cancer du pancréas : Une étude de l’IHU Strasbourg montre comment l’IA aide les spécialistes à détecter de petites lésions pancréatiques

Cancer du pancréas : Une étude de l’IHU Strasbourg montre comment l’IA aide les spécialistes à détecter de petites lésions pancréatiques

Du 14 au 16 mai dernier, la ville de Milan a accueilli les ESGE Days 2026, l’un des congrès européens les plus influents en endoscopie digestive. À cette occasion, le Dr Julieta Montanelli, gastroentérologue et chercheuse à l’IHU Strasbourg, a présenté les conclusions prometteuses d’une étude qui pourrait contribuer à améliorer la détection des petites lésions pancréatiques lors des examens d’échoendoscopie (EUS).

𝘈𝘳𝘵𝘪𝘧𝘪𝘤𝘪𝘢𝘭 𝘪𝘯𝘵𝘦𝘭𝘭𝘪𝘨𝘦𝘯𝘤𝘦 𝘪𝘮𝘱𝘳𝘰𝘷𝘦𝘴 𝘢𝘤𝘤𝘶𝘳𝘢𝘤𝘺 𝘰𝘧 𝘱𝘢𝘯𝘤𝘳𝘦𝘢𝘵𝘪𝘤 𝘴𝘤𝘳𝘦𝘦𝘯𝘪𝘯𝘨 𝘌𝘜𝘚 𝘣𝘺 𝘦𝘯𝘩𝘢𝘯𝘤𝘪𝘯𝘨 𝘵𝘩𝘦 𝘥𝘦𝘵𝘦𝘤𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘰𝘧 𝘴𝘮𝘢𝘭𝘭 𝘴𝘰𝘭𝘪𝘥 𝘭𝘦𝘴𝘪𝘰𝘯𝘴: 𝘢 𝘵𝘢𝘯𝘥𝘦𝘮 𝘳𝘢𝘯𝘥𝘰𝘮𝘪𝘻𝘦𝘥 𝘷𝘪𝘥𝘦𝘰 𝘴𝘵𝘶𝘥𝘺

Le défi des petites lésions pancréatiques

L’un des plus grands défis de l’EUS réside dans le fait que les anomalies les plus cruciales à repérer sont souvent les plus difficiles à voir. Les lésions de petite taille, inférieures à 20 mm, s’avèrent particulièrement subtiles. Elles peuvent n’apparaître que pendant une fraction de seconde sur l’écran du médecin lors de l’examen, augmentant ainsi le risque qu’elles passent inaperçues.

Pour répondre à cette problématique, l’IHU Strasbourg a évalué l’impact d’un dispositif médical innovant basé sur l’intelligence artificielle (IA). Cet outil baptisé « mAI Companion ® » a été développé en étroite collaboration avec les sociétés iGlobe Scientific et Medi-Globe. Le protocole de recherche a été mené avec une cohorte de 32 échoendoscopistes internationaux ayant différents niveaux d’expérience.

Des résultats remarquables

Les données issues de cette étude randomisée en tandem sont particulièrement éloquentes. L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) a permis d’améliorer la précision diagnostique des participants de 70,5 % à 82,0 %. Cette amélioration significative s’est avérée particulièrement précieuse pour l’identification des petites tumeurs solides, là où la vigilance visuelle humaine est le plus souvent mise à l’épreuve.

L’humain augmenté, un véritable travail d’équipe

Au-delà de la performance technologique, cette étude illustre la complémentarité de l’expertise médicale et de l’intelligence artificielle qui joue le rôle d’un véritable « second observateur », en aidant le spécialiste à repérer les lésions qui risquent facilement de passer inaperçues.

Cette présentation internationale met en lumière l’engagement continu de l’IHU Strasbourg pour répondre à des besoins médicaux avec des solutions, originales et concrètes, qui peuvent être transférées au bénéfice direct des patients.

ESGE (European Society of Gastrointestinal Endoscopy) : ESGE Days 2026
Lien de l’étude : www.researchgate.net
En savoir davantage sur « mAI Companion ® » : www.medi-globe.de

Prix Raymond Rosen 2 : le Pr Thomas Baumert récompensé par la Fondation pour la Recherche Médicale

Prix Raymond Rosen 2 : le Pr Thomas Baumert récompensé par la Fondation pour la Recherche Médicale

Le Pr Thomas Baumert, professeur de médecine aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg et directeur de l’Institut de recherche sur les maladies hépatiques (Inserm U1110 / Université de Strasbourg), vient de recevoir le Prix Raymond Rosen 2 décerné par la Fondation pour la Recherche Médicale. Doté de 40 000 euros, ce prix distingue ses travaux pionniers en recherche clinique, centrés sur le cancer du foie et les voies vers sa guérison, et témoigne d’une carrière dédiée à l’innovation au service de la santé.

Cette récompense met en relief l’excellence de la recherche strasbourgeoise sur les maladies du foie, la fibrose hépatique et les cancers, qui associe l’Inserm, l’Université de Strasbourg, le CHU et l’IHU.

Ces collaborations exemplaires incarnent une recherche translationnelle multidisciplinaire qui propulse les découvertes scientifiques vers des applications concrètes. Par exemple, les avancées sur la modélisation des circuits cellulaires hépatiques ou la détection précoce des lésions ouvrent de nombreuses perspectives pour des stratégies de prévention plus efficaces et des traitements personnalisés.

La distinction du Pr Baumert est une nouvelle illustration de la dynamique collective de l’écosystème hospitalo-universitaire strasbourgeois pour transformer la science en espoir tangible pour les patients.

Le cancer du pancréas : le Pr. Thomas Baumert lauréat d’un prestigieux ERC Proof of Concept Grant

Le cancer du pancréas : le Pr. Thomas Baumert lauréat d’un prestigieux ERC Proof of Concept Grant

Le cancer du pancréas est l’un des cancers les plus redoutables : silencieux, diagnostiqué tardivement et associé à un pronostic extrêmement sombre. Avec le projet PACMAN, soutenu par un ERC Proof of Concept Grant, le Professeur Thomas Baumert et son équipe vont chercher à établir la preuve de concept préclinique d’une nouvelle approche thérapeutique.

Un projet d’innovation thérapeutique

L’adénocarcinome canalaire pancréatique (ADKP) est la forme la plus fréquente et agressive du cancer du pancréas. Avec une survie médiane inférieure à un an, même sous traitement, les besoins en nouvelles thérapies sont urgents. Grâce au financement de 150 000 € de l’European Research Council (ERC), le projet PACMAN va tester l’efficacité d’un candidat thérapeutique innovant dans des modèles dérivés de patients, une étape clé pour accélérer le passage vers des essais cliniques

Ce nouveau projet s’inscrit dans la collaboration étroite qu’entretiennent l’Inserm, l’Université de Strasbourg, les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg et l’IHU Strasbourg pour transformer les découvertes scientifiques en innovations concrètes au bénéfice des patients.

Un financement européen synonyme d’excellence

Créé par l’Union européenne en 2007, L’ERC est un programme européen prestigieux et très sélectif de financement de projets de recherche d’excellence dans différentes catégories. C’est la cinquième fois en huit ans que Thomas Baumert obtient ce financement, cette fois ci dans la catégorie « ERC Proof of Concept Grant » dont l’objectif est d’accélérer le transfert des travaux de recherche vers des applications.

Lire le communiqué de presse du 24 janvier 2025, publié par l’Université de Strasbourg

 

Université de Strasbourg Inserm HUS